Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Guirlande de vieux films (Juillet/1)

Martin soldat, Michel Deville, 1966

Alors que survient le débarquement, un acteur de théâtre doit jouer le rôle d'un officier allemand dans une pièce. Il est arrêté par les Américains. Tourné entre On a volé la Joconde et Tendres requins, Martin soldat est loin d'être la plus grande réussite du duo Deville/Companeez mais se laisse voir sans ennui grâce à son rythme trépidant, au gré des aventures de Martin qui ne cesse de changer d'uniforme. Cette vision de la période entre le débarquement et la libération de Paris est empreinte d'ironie, pour la confusion qui règne, mais aussi d'une certaine prudence pour ne pas choquer les mentalités. L'hommage à l'art de la comédie est touchant et passe par le personnage joué avec le talent qu'on lui connait par Robert Hirsch. Marlène Jobert fait une petite apparition, sa seconde après Masculin/Féminin de Godard.

 

Le chemin des écoliers, Michel Boisrond, 1959

Sous l'Occupation, un lycéen fait du marché noir et s'occupe de sa maîtresse alors que ses parents le croient à la campagne. Une adaptation de Marcel Aymé avec le tandem Aurenche et Bost à l'écriture et pour cadre, le Paris de l'Occupation. Les comparaisons avec La traversée de Paris s'arrêtent là, Boisrond étant loin de valoir Autant-Lara. La vision de cette période noire est un peu idéalisée mais les comportements humains n'y sont pas caricaturaux même si le fond de l'affaire n'est guère crédible, surtout avec des acteurs (Delon, Brialy) bien trop âgés pour incarner des lycéens de 17 ans. Malgré tout, le film a un certain répondant, grâce à ses dialogues et des interprétations savoureuses de Ventura et Bourvil, notamment. Sans oublier la merveilleuse Françoise Arnoul que l'on a eu tort d'opposer à Brigitte Bardot : elle était bien meilleure comédienne.

 

La vierge du Rhin, Gilles Grangier, 1953

Un homme mystérieux s'embarque en Allemagne sur une péniche pour descendre le Rhin jusqu'à Strasbourg. Il est revenu pour se venger. Le premier film du tandem Gabin/Grangier joue d'abord sur une atmosphère fluviale qui rappelle vaguement Simenon. La mise en place est laborieuse et grandement gâchée par une voix off horripilante. Le film bascule avec un meurtre et le suspense qui en découle, pas désagréable à suivre même si relativement convenu. L'intérêt vient de l'interprétation de Gabin, entre deux âges, et fort charismatique dans un rôle laconique. Il surpasse de loin ses camarades masculins tandis que les femmes tirent leur épingle du jeu, en particulier une Elina Labourdette spécialement retorse. Et puis c'est le dernier rôle de la singulière Andrée Clément, quelques mois avant de mourir de la tuberculose, à 35 ans seulement.

 

Dernier amour, Jean Stelli, 1949

Une femme a quitté son vieux mari pour épouser un homme plus jeune. Dix ans plus tard, une rivale apparait. Jean Stelli avait un goût certain pour le mélodrame (Le voile bleu) mais guère le talent pour y exceller. Il n'est pas aidé ici par le scénario inerte de Françoise Giroud qui ne montre aucune originalité dans le traitement d'un sujet vieux comme le monde : l'adultère. Le point de vue est celui de la femme mûre, trompée à son tour, alors qu'elle a joué le rôle de la maîtresse, une décennie plus tôt. Malgré des dialogues sans grande saveur, l'interprétation est plutôt bonne, de Georges Marchal à Suzanne Flon. Symboliquement, Annabella, de retour d'Hollywood, et qui ne tardera pas à se retirer, fait face à une nouvelle venue, déjà convaincante : Jeanne Moreau. C'est l'un des seuls intérêts du film que celui de la voir effectuer ses premiers pas devant la caméra.

 

Le mensonge de Nina Petrovna, Victor Tourjanski, 1937

Un officier autrichien rentre de Saint-Pétersbourg avec une maîtresse. Mais son meilleur ami la rencontre et tombe amoureux. Et forcément, cela finira très mal dans ce mélodrame ennuyeux, qui ne s'écarte pas une seule seconde des conventions, sauf pour quelques intermèdes comiques sans grande ambition. Les dialogues sont de Henri Jeanson qui n'était visiblement pas très en forme. Le seul moment qui aurait pu rehausser la chose est le duel entre les deux soupirants mais il est expédié hors-champ. L'interprétation ne relève pas le niveau même si Fernad Gravey y met de la bonne volonté tandis que Isa Miranda et Aimé Clariond jouent comme comme s'ils interprétaient du Shakespeare. Petite curiosité : le premier rôle d'Annie Vernay, actrice qui mourut en 1941 du typhus, même pas âgée de 20 ans.

 



10/07/2019
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